Dans ce nouveau pays Brian commence tôt son initiation aux différents arts du spectacle : à 11 ans il fait ses premiers pas sur la scène du théâtre de son école l'American School Of Luxemburg, l'occasion pour lui d'expérimenter pour la première fois le maquillage qu'il ne tarde pas à associer à la scène. Dans le même temps il assiste à son premier concert, du groupe français Téléphone de passage à Arlon en Belgique.
En parallèle à cette vie artistique qui s'ouvre devant lui, Brian a une vie spirituelle et surtout religieuse plus riche que la majorité des enfants de son âge. Sa mère, très catholique, l'initie très tôt à la religion qu'elle aime tant : à 13 ans il est ainsi un « born again Christian », c'est-à-dire un « chrétien re-né ». Il fréquente assidûment l'Eglise, passe beaucoup de temps en compagnie du prêtre de sa paroisse et participe même à ses séminaires. Il s'enrichit par de nombreuses lectures de la Bible ce qui lui forge sa sensibilité et sa spiritualité. Cependant, lorsqu'à 14 ans il découvre sa sexualité, Brian rejette tout ce cadre religieux et entre dans une période de rébellion qui marque la fin de son « histoire d'amour avec la religion organisée ». Il en gardera quand même une richesse spirituelle qui apparaît dans ses textes à travers des métaphores bibliques, nombreuses et variées.
Durant son adolescence, Brian s'ennuie au Luxembourg mais, comme il le dit lui-même, il y avait de très bons disquaires. Il entre alors dans une boulimie de musique : il passe ses journées entières dans sa chambre à écouter et écouter encore les disques qu'il peut se procurer. Toujours passionné de théâtre, il demande à ses parents de l'inscrire au cours d'art dramatique mais doit affronter le refus de ceux-ci ; il a alors 16 ans et s'enfonce encore plus profondément dans son addiction musicale, et apprend en parallèle de ses études la guitare en autodidacte, tout seul dans sa chambre.
Quelques temps plus tard, en octobre 1990, deux mois avant sa majorité, Brian quitte la demeure familiale et déménage à Londres où il renoue avec ses premières amours en s'inscrivant au cours d'art dramatique du Goldsmith's College pendant deux ans au bout desquels il obtient son diplôme. En parallèle de ses études, il s'essaie un peu au mannequina et défile ainsi pour Agnès B, Gucci et Calvin Klein, entre autres. Il garde de cette expérience le goût des vêtements sobres mais très élégants, qui portent souvent la griffe de grands couturiers. Il joue aussi dans des clubs londoniens, accompagné de Steven Hewitt, un batteur qu'il a rencontré en 1991 par l'intermédiaire d'une amie commune, et avec qui il travaille parfois sur des projets musicaux.
Après avoir quitté l'Université, Brian traverse deux ans et demi très difficiles, années durant lesquelles il se retrouve au chômage et plongé dans une dévastatrice dépression. Puisant son inspiration dans les sombres recoins de son esprit torturé, il apprend à vivre avec sa maladie et s'en accommode même en donnant naissance à des textes gorgés de noirceur, de rage et de luxure adolescentes, textes qui apparaîtront en 1996 sur le premier album intitulé Placebo. C'est à cette même période qu'il rencontre par hasard à la sortie du métro South Kensington, Stefan Olsdal qui fréquentait la même école luxembourgeoise que lui, mais qu'il ne côtoyait pas car trop différent de lui. Devant se produire le soir-même dans un club londonien, le « Round the bell », Brian invite Stefan à assister à son concert. En ce matin de 1994, Stefan Olsdal accepte l'invitation de son ami, plus par politesse que par véritable envie, et, en fin de soirée, impressionné par la prestation de Brian il lui propose de collaborer ensemble sur la formation d'un groupe rock ; c'est ainsi que tous deux commencent à travailler sur les premières démos de PLACEBO.
Leader charismatique, provocateur et ambigu dont le passé sulfureux (drogue, alcool, sexe...), l'androgynie et la bisexualité ont souvent défrayé la chronique, Brian Molko reste une icône pour beaucoup de gens, de la tolérance et de la marginalité. Ses influences musicales, différentes de celles des autres membres du groupe, s'orientent plus vers PJ Harvey, Blondie, David Bowie, Billie Holliday, Janis Joplin, Bob Dylan, Black Sabbath, The Animals, Jean-Louis Aubert ou Jacques Brel entre autres.
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